Il a ses petites
habitudes à la maison de retraite Lidia Doce. Il aime bien
s’asseoir à l’ombre d’un arbre pour réfléchir, saluer ceux qui
passent devant lui et sentir les bonnes odeurs des plantes et le
souffle de la brise.
Il rie lorsqu’il
explique que tout le monde l’appelle par son nom, mais qu’il ne
se rappelle pas le nom des autres, car sa mémoire n’en peut
plus.
Il n’oublie pourtant
pas son fils Angel, âgé de 78 ans, qui est malade et qui n’a pas
pu lui rendre visite.
Vidal Castillo
Ramírez n’a jamais cessé d’être un père préoccupé et affectueux
qui donne, dans la mesure de ses possibilités, « un peu
d’argent » à son fils ou à ses petites filles, ainsi qu’un bon
conseil s’ils le lui demandent.
Il se sent bien dans
sa maison de retraite dont il pense que le tarif est très modéré
pour les excellents soins qu’il y reçoit.
Tout se fait au bon
moment et comme il faut, « avec un baiser, une caresse ou un mot
doux, comme si j’étais un enfant », explique-t-il.
« Les bonnes manières
aident à bien vivre », affirme cet aïeul à la peau noire, né le
6 mai 1902 à Palma Soriano. Il mesure plus d’ 1,90 m mais son
dos s’est voûté, il a du mal à marcher, il entend mal et ne
voit plus guère. Il a travaillé dans une pharmacie et au
laboratoire d’un central sucrier, mais il a aussi été
charpentier, il a soigné du bétail, il a coupé de la canne, il a
conduit des charrettes à bœufs et il a récolté du riz, du café
ou des fruits.
Sa mémoire lui joue
parfois de mauvais tours mais il se rappelle bien qu’il a
travaillé un certain temps, comme travailleur agricole, sur les
terres d’Angel Castro, le père du Commandant en Chef Fidel
Castro et du Général Raul Castro, et que sa participation à
certaines activités politiques l’avaient obligé à « se cacher »
dans le massif de la Sierra Maestra pour sauver sa vie.
Fidel est le père de
tous les cubains, déclare-t-il en célébrant la préoccupation du
leader de la Révolution menée par lui pour les plus humbles.