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Ce qui est en jeu au Venezuela

La Havane, 13 mars (ACN) - Avant même d’annoncer ses intentions de battre l’actuel président vénézuélien Hugo Chávez aux élections d’octobre prochain, l’opposant Henrique Capriles Radonski s’était déjà activement préparé pour tenter de gagner le fauteuil présidentiel.


 

 

Les vénézuéliens, et bien d’autres personnes dans le monde grâce aux chaînes internationales d’information,  ont pu le voir sur leurs écrans, l’eau à la ceinture, mal rasé et le visage marqué par une profonde préoccupation pour les conséquences des graves pluies qui avaient affecté, l’année dernière, plusieurs villes du Venezuela.

Ces images ont été amplement diffusées par les médias de l’opposition comme démonstration de l’engagement du « nouveau messie » de prêter son aide aux plus vulnérables et aux oubliés de toujours, en même temps que celles-ci tentaient de disqualifier les efforts du gouvernement pour porter remède à la situation qui avait causé un total de 130 000 sinistrés.

D’autre part, l’histrionisme de son discours, facilement observable dans les spots de campagne qui présentent Capriles comme un homme jeune et vigoureux, utilise un langage qui, apparemment, ne désire pas la confrontation, mais qui, cependant,  recherche constamment la manière de discréditer son adversaire et de contester les résultats de la politique que celui-ci a mené jusqu’à présent.

Ainsi, par exemple, lorsque le président vénézuélien parle de Mission Logement, Capriles affirme qu’il fera construire des urbanisations. Si il parle de la Mission Savoir et travail, dédiée à la formation professionnelle et à la création d’emplois, Capriles promet « des emplois dignes et de longue durée ».

Cependant, le candidat de la droite devra mieux s’y prendre pour parvenir à expliquer, de manière plus détaillée, quels mécanismes il pense utiliser pour faire front aux inégalités sociales et à la pauvreté dont le Venezuela a hérité, tout en évitant de reconnaître la réussite indiscutable des nombreuses missions mises en place par le gouvernement actuel dans des domaines comme la santé publique, l’alimentation, l’énergie et le logement.

Il faudra bien qu’il explique, entre autre, comment il pense pouvoir, sous la tutelle des Etats-Unis, maintenir le prestige international et le poids politique qu’a maintenant gagné la Révolution Bolivarienne sur les plans régional et international, ou le rôle que pourrait jouer la Patrie du Libérateur de l’Amérique en réponse aux désirs d’intégration de la région de l’Amérique Latine et les Caraïbes.

En premier lieu, il devra faire front au charisme du leader révolutionnaire qui, d’après les sondages, conserve le soutient de plus de 60% de la population, malgré l’usure que pourrait représenter treize ans consécutifs de présidence, mais treize ans au cours desquels sa politique sociale inclusive a donné des résultats évidents.

Cette année est cruciale pour le Venezuela. Le choix est entre le capitalisme et le socialisme, entre l’exclusion et l’inclusion, entre le retour au passé et la construction du futur.

Un collègue de Caracas a affirmé que l’opposition de ce pays manifeste une prédisposition génétique à la violence. Pour le démontrer, il a présenté une longue liste d’arguments dont le premier est l’analyse de la tentative de coup d’état de 2002, mais qui se prolonge jusqu’aux moments actuels.

Le journaliste vénézuélien rappelait que Capriles Radonski, « aujourd’hui déguisé en agneau »  et « qui souhaite longue vie  à Chavez », a été très actif dans la tentative de coup d’état qui avait mis le leader de la grande entreprise privée,  Pedro Carmona Estanca, pendant 48 heures, sur le fauteuil de la présidence, avant qu’il en ait été délogé par l’action conjointe des forces armées et de la population de la capitale.

Le collègue a rappelé qu’en violation de toutes les normes et les conventions internationales, l’actuel candidat à la présidence de l’opposition, lorsqu’il était maire de la municipalité de Baruta (Caracas), a instigué les opposants à assiéger l’ambassade de Cuba, située dans cette municipalité. Un tel personnage n’acceptera pas, les bras croisés, une autre défaite dans les urnes, a-t-il opiné.

Au cours d’une récente réunion du Conseil des Ministres, le président Chavez a affirmé : « Nous avons toujours reconnu les résultats (électoraux), si je perds, je perds ».

L’oligarchie vénézuélienne sera-t-elle capable de faire la même chose ?  

 

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