Les vénézuéliens, et
bien d’autres personnes dans le monde grâce aux chaînes
internationales d’information, ont pu le voir sur leurs écrans,
l’eau à la ceinture, mal rasé et le visage marqué par une
profonde préoccupation pour les conséquences des graves pluies
qui avaient affecté, l’année dernière, plusieurs villes du
Venezuela.
Ces images ont été
amplement diffusées par les médias de l’opposition comme
démonstration de l’engagement du « nouveau messie » de prêter
son aide aux plus vulnérables et aux oubliés de toujours, en
même temps que celles-ci tentaient de disqualifier les efforts
du gouvernement pour porter remède à la situation qui avait
causé un total de 130 000 sinistrés.
D’autre part,
l’histrionisme de son discours, facilement observable dans les
spots de campagne qui présentent Capriles comme un homme jeune
et vigoureux, utilise un langage qui, apparemment, ne désire pas
la confrontation, mais qui, cependant, recherche constamment la
manière de discréditer son adversaire et de contester les
résultats de la politique que celui-ci a mené jusqu’à présent.
Ainsi, par exemple,
lorsque le président vénézuélien parle de Mission Logement,
Capriles affirme qu’il fera construire des urbanisations. Si il
parle de la Mission Savoir et travail, dédiée à la formation
professionnelle et à la création d’emplois, Capriles promet
« des emplois dignes et de longue durée ».
Cependant, le
candidat de la droite devra mieux s’y prendre pour parvenir à
expliquer, de manière plus détaillée, quels mécanismes il pense
utiliser pour faire front aux inégalités sociales et à la
pauvreté dont le Venezuela a hérité, tout en évitant de
reconnaître la réussite indiscutable des nombreuses missions
mises en place par le gouvernement actuel dans des domaines
comme la santé publique, l’alimentation, l’énergie et le
logement.
Il faudra bien qu’il
explique, entre autre, comment il pense pouvoir, sous la tutelle
des Etats-Unis, maintenir le prestige international et le poids
politique qu’a maintenant gagné la Révolution Bolivarienne sur
les plans régional et international, ou le rôle que pourrait
jouer la Patrie du Libérateur de l’Amérique en réponse aux
désirs d’intégration de la région de l’Amérique Latine et les
Caraïbes.
En premier lieu, il
devra faire front au charisme du leader révolutionnaire qui,
d’après les sondages, conserve le soutient de plus de 60% de la
population, malgré l’usure que pourrait représenter treize ans
consécutifs de présidence, mais treize ans au cours desquels sa
politique sociale inclusive a donné des résultats évidents.
Cette année est
cruciale pour le Venezuela. Le choix est entre le capitalisme et
le socialisme, entre l’exclusion et l’inclusion, entre le retour
au passé et la construction du futur.
Un collègue de
Caracas a affirmé que l’opposition de ce pays manifeste une
prédisposition génétique à la violence. Pour le démontrer, il a
présenté une longue liste d’arguments dont le premier est
l’analyse de la tentative de coup d’état de 2002, mais qui se
prolonge jusqu’aux moments actuels.
Le journaliste
vénézuélien rappelait que Capriles Radonski, « aujourd’hui
déguisé en agneau » et « qui souhaite longue vie à Chavez », a
été très actif dans la tentative de coup d’état qui avait mis le
leader de la grande entreprise privée, Pedro Carmona Estanca,
pendant 48 heures, sur le fauteuil de la présidence, avant qu’il
en ait été délogé par l’action conjointe des forces armées et de
la population de la capitale.
Le collègue a rappelé
qu’en violation de toutes les normes et les conventions
internationales, l’actuel candidat à la présidence de
l’opposition, lorsqu’il était maire de la municipalité de Baruta
(Caracas), a instigué les opposants à assiéger l’ambassade de
Cuba, située dans cette municipalité. Un tel personnage
n’acceptera pas, les bras croisés, une autre défaite dans les
urnes, a-t-il opiné.
Au cours d’une
récente réunion du Conseil des Ministres, le président Chavez a
affirmé : « Nous avons toujours reconnu les résultats
(électoraux), si je perds, je perds ».
L’oligarchie
vénézuélienne sera-t-elle capable de faire la même chose ?