Dans un communiqué
diffusé depuis Genève et distribué au siège de l’ONU de New
York, Pillay critique la décision du gouvernement des Etats-Unis
de promulguer une nouvelle loi autorisant la détention indéfinie
de personnes sans que soit formulée une accusation ni réalisé un
procès, informe l’agence de presse Prensa Latina.
Le président Barack
Obama a signé, le 31 décembre, à Hawaï, l’Acte d’Autorisation de
la Défense Nationale qui contredit certains des principes
fondamentaux de la justice et des doits humains, comme le droit
à un juste procès et la condamnation des détentions arbitraires,
précise la Haute Commissaire.
Pillay manifeste sa
profonde déception pour le non respect de la promesse qu’avait
faite Obama, il y a trois ans, de fermer cette prison de la base
navale de Guantanamo, une base qui s’y trouve installée depuis
le début du vingtième siècle contre la volonté du peuple et du
gouvernement cubain.
Elle avertit que
cette prison de haute sécurité continue de fonctionner et qu’il
s’y trouve des personnes arbitrairement arrêtées et emprisonnés
pour un temps indéfini, ce qui constitue une claire violation de
la loi internationale.
La fonctionnaire, qui
a exhorté le Congrès étasunien à permettre la fermeture de la
prison, a répété que les autorités de Washington ont
l’obligation de garantir que les personnes privées de leur
liberté soient jugées ou libérées. Elle a ajouté qu’une enquête
doit être réalisée pour analyser toutes les violations de ces
droits qui ont eu lieu dans le Camp Delta de la base navale.
Pillay a souligné que
les responsables de la conception, de l’approbation et de la
mise en pratique de méthodes coercitives d’interrogatoires,
ainsi que ceux qui ont perpétré, ordonné, toléré ou consenti la
réalisation d’actes de torture ou de mauvais traitements
infligés à des détenus doivent répondre de leurs actes devant la
justice.
Le Camp Delta a été
installé pour y enfermer les suspects de terrorisme après les
attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washingto. Dans ses
installations se trouvent encore 171 personnes, du total de 779
détenus qui y ont été conduits au cours des dix dernières années
sans avoir eu droit ni à un procès, ni à une procédure d’appel.
De ces près de 800
détenus, huit sont morts en prison, 600 ont été libérés et 6 ont
été condamnés par des commissions militaires.