Tel était l´objectif du
discours qu´il a prononcé devant le Parlement cubain réuni en
Session Extraordinaire au Palais des Conventions de La Havane,
en raison de l´urgence de mobiliser le monde entier face au
danger d´une conflagration nucléaire que déclencherait
l´agression de l´Iran par les États-Unis et Israël.
En présence du président Raul
Castro, le leader de la Révolution Cubaine a lu, debout à une
tribune, son message à l´Assemblée Nationale du Pouvoir
Populaire, dont le thème principal était la menace d´un conflit
armé dans le Golfe Persique, dont le déclenchement dépendrait de
la seule responsabilité du président nord-américain.
Tout ce que se propose un
homme a des limites qu´il est impossible de dépasser, a déclaré
Fidel devant le parlement. Il a ajouté que, dans ce cas
critique, d´après les normes du gigantesque empire, c´est le
Président Obama qui devrait donner l´ordre de l´attaque qui a
déjà été annoncée sur tous les tons.
¨Mais, au moment précis où il
en donnerait l´ordre, qui de plus est le seul qu´il pourrait
donner, en raison du pouvoir, de la vitesse et de l´énorme
nombre de projectiles accumulés tout au long d´une absurde
compétition entre grandes puissances, il serait en train de
décider de la mort instantanée non seulement de centaines de
milliers de personnes, et, parmi elles, d´un nombre incalculable
d´habitants de son propre pays, mais également de celle des
équipages de tous les bâtiments de la flotte des États-Unis
actuellement déployés dans les mers qui entourent l´Iran.¨
Il a ajouté : ¨La
conflagration s´étendrait immédiatement au Moyen Orient, à
l´Extrême Orient et à toute l´Eurasie¨, en précisant que le
hasard a voulu qu´à ce moment précis, le président des
États-Unis soit un descendant à la fois de blancs et
d´africains, de mahométans et de chrétiens, et qu´il ne donnera
pas cet ordre si l´on parvient à lui faire prendre conscience de
cela.
Il a affirmé que l´ordre
existant actuellement dans le monde ne pourra pas se maintenir,
qu´il s´effondrera irrémédiablement, et que les devises
convertibles perdront leur valeur comme instruments du système
qui a imposé aux peuples du monde un impôt de richesses, de
sueur et de sacrifices immenses.
Il a expliqué que de
nouvelles formes de distribution des biens et des services,
d´éducation et de direction des processus sociaux devraient
surgir pacifiquement mais que si survient une guerre, l´ordre
social actuel disparaitrait d´une manière beaucoup plus abrupte
et le prix à payer serait infiniment supérieur.
Dans son discours, il a
également parlé des Cinq Héros antiterroristes cubains
prisonniers politiques des États-Unis, et a qualifié de simple
petit pas qu´il ait été mis fin aux tortures auxquelles était
soumis Gerardo, mais ajouté qu´il s´agissait de quelque chose
qui ne s´était jamais produit en 12 ans d´acharnement du système
contre Cuba et contre Gerardo.
¨On peut, aujourd´hui,
prédire que le prochain pas qui sera fait sera d´autoriser la
visite d´Adriana, ou sa libération immédiate, ou les deux
choses. Nous avons su par elle que son état d´esprit était au
plus haut après ces 12 années d´injuste et cruelle prison¨.
Avant de commencer à
dialoguer avec les parlementaires, Fidel a expliqué que les
questions, même si elles n´étaient formulées et ne recevaient de
réponse que dans le cadre de la réunion parlementaire,
s´adresseraient également aux journalistes, aux invités et à
tout le peuple cubain en général.
Pura Avilés, députée
d´Holgin, a déclaré que la réunion était historique et s´est
référée au prestige international du Commandant en Chef qui
renforce sa dénonciation des dangers qui menacent l´humanité.
Elle s´est demandé si les
États-Unis seraient capables de commettre la cruauté de donner
l´ordre de commencer une guerre nucléaire en raison de
l´imminence de la mise en échec de l´impérialisme, mais Fidel
lui a répondu que non, ¨si nous arrivons à le persuader, et nous
sommes nombreux à y travailler¨.
Nous faisons notre propre
contribution à cet effort de persuasion, a-t-il dit, et il a
ajouté que c´était la raison pour laquelle la réunion de l´
Assemblée avait été retransmise en direct par Cubavision et par
des chaînes de télévision étrangères, et en présence de la
presse étrangère et du corps diplomatique accrédité à Cuba.
À une autre question de la députée Kenia Serrano, il a répondu
que la Chine et la Russie réalisaient aussi des efforts de
persuasion et répété que le monde doit agir afin de parvenir à
établir un dialogue de civilisations.
Il a affirmé que les guerres
ne sont plus des instruments sur lesquels puisse compter
l´empire pour se maintenir, et averti le monde de l´immense
pouvoir destructeur des armes atomiques accumulées dans le monde
entier.
¨Quelqu´un croit-il que les
États-Unis vont reculer sur leur exigence que les cargos
iraniens soient soumis à une inspection?¨ s´est-il demandé
devant l´Assemblée Nationale. Il s´est également demandé si
quelqu´un croit que ¨les iraniens, un peuple à la culture
millénaire, plus familier avec la mort que nous, n´aura pas le
courage que nous, les cubains, nous avons eu, face aux exigences
des États-Unis, et si quelqu´un pense avoir une solution à cette
contradiction¨.
Ces questions ont été
soulevées après que le député Manuel Cáceres ait posé des
questions sur le rôle que pourraient jouer certains Prix Nobel
dans la bataille que livre Fidel pour éviter que commence une
nouvelle guerre.
Juan Miguel González, le père
d´Elian, cet enfant qui avait été rendu à sa famille de Cuba
après avoir été séquestrée par la mafia contrerévolutionnaire de
Miami, a demandé à Obama qu´il mette un frein aux menaces afin
que toutes les familles du monde puissent vivre heureuses et en
paix, comme le fait actuellement la sienne.
Sur le rôle de l´Union
Européenne et la position de la Chine et de la Russie au Conseil
de Sécurité lors des débats sur l´Iran, le Commandant en Chef a
affirmé que ce qui compte, c´est ce qui peut se faire
maintenant.
Il a nié catégoriquement que
l´on puisse persuader Israël de ne pas attaquer l´Iran et
demandé aux députés de réfléchir aux moyens qu´ils peuvent avoir
de divulguer son appel à la paix.
Il a enfin annoncé que
bientôt serait terminé le second tome de son livre La
contre-offensive stratégique.
Au cours de cette réunion
extraordinaire du parlement, son président, Ricardo Alarcón, a
affirmé que personne au monde ne réalise plus d´efforts à faveur
de la paix que le Commandant en Chef qui y travaille depuis
longtemps.
Il a demandé aux députés de
se mobiliser et de rechercher toutes les manières possibles de
multiplier l´appel lancé par Fidel afin d´éviter qu´éclate une
guerre nucléaire.
Il leur a demandé d´utiliser
toute leur créativité pour trouver de nouvelles façons de faire
entendre leur voix au dessus de la puissante mécanique
informative de l´empire, et d´utiliser de toutes les formes
possibles d´y parvenir, les nouvelles technologie de
l´information, les courriers électroniques et les contacts
personnels.
¨Le moment est venu de faire
tout ce que nous pouvons, tout ce dont nous sommes capables,
avec tout l´amour possible¨, a-t-il dit.