Ce jour là revêtait une
grande transcendance pour le pays antillais, car c´est le jour
où le peuple était venu pour assister, sur la Place de la
Révolution, à la proclamation de la première Déclaration de La
Havane, une réponse digne à la réunion de l´Organisation des
États Américains, qui venait de se tenir à San José de Costa
Rica.
Le groupement régional,
dominé par les États-Unis, avait été convoqué pour expulser
l´île de l´organisme hémisphérique afin de l´isoler, une
décision que Mexico n´avait pas accepté.
C´est le 28 septembre que
Cuba et la Chine ont signé le Communiqué Conjoint établissant
les relations diplomatiques entre les deux nations.
Mais un événement important
avait eu lieu auparavant : le 23 juillet 1960, il y a maintenant
50 ans, les deux pays avaient souscrit un accord commercial et
de paiements, ainsi que plusieurs accords de coopération dans
les secteurs de la technique, des sciences et de la culture.
Les échanges économiques
entre les deux pays ont commencé à se matérialiser avec la
visite réalisée au géant asiatique par le Commandant Ernesto Che
Guevara, en novembre 1960.
À cette occasion, La Havane
et Pékin avaient signé l´Accord de Coopération Économique et
Technologique et Cuba avait reçu un crédit de 40 millions de
dollars, sans intérêts, pour l´acquisition d´équipements et de
marchandises.
À partir de cette date, la
République Populaire Chinoise a eu, envers Cuba, des gestes que
le peuple et le gouvernement de la plus grande des îles
antillaises n´est pas près d´oublier.
Le pays asiatique a pu
assimiler une grande partie du quota sucrier cubain au moment
où, en 1960, le président Dwight Eisenhower a commencé à fermer
l´accès du sucre cubain au marché nord-américain.
Des produits chinois sont
apparus sur le marché cubain dans différents secteurs au moment
où le blocus économique, commercial et financier de Washington a
frappé l´île, au cours des difficiles mais héroïques années
soixante.
La situation s´est répétée au
début des années quatre-vingt dix, au moment de la disparition
du camp socialiste, lorsque l´île a perdu tout d´un coup une
très grande partie de son marché et qu´en même temps, le blocus
nord-américain se voyait fortement renforcé.
Des accords, des conventions
et des traités commerciaux, scientifiques et technologiques ont
été signés, ainsi que l´exemption mutuelle de visas et la
protection des investissements, du tourisme et des crédits. Ils
couvrent actuellement tout le spectre des relations économiques
sino-cubaines. L´échange de techniciens de plusieurs
disciplines, la préparation professionnelle de jeunes chinois à
Cuba et de cubains en Chine, la modernisation du système
météorologique ou le financement d´industries comme celle du
ferronickel de Moa, voila quelques exemples des actions
actuellement en exécution en correspondance avec les accords
signés.
Dans le domaine des relations
politiques internationales, les aspects les plus importants sur
lesquels la Chine a apporté son aide à Cuba à l´ONU ont été ceux
du blocus et du thème des droits humains, tandis que Cuba a
donné son appui à Beijing pour son entrée à l´organisation
Mondiale du Commerce.
Les deux pays ont été
victimes de la mise à sac et des appétits de pays étrangers, ils
doivent encore lutter contre les séquelles du colonialisme, ils
partagent les intérêts logiques des pays en voie de
développement, ils cherchent à élever le niveau de vie de leurs
populations, souhaitent et travaillent pour l´établissement d´un
ordre international stable et sans conflits et pour le
renforcement de la coopération économique et technologique sur
la base d´avantages mutuels.
Par l´échange de visites de
haut niveau, par leurs coïncidences de vues politiques, les deux
pays, pourtant fort éloignés géographiquement, ont trouvé de
nombreux motifs de rapprochement : la similitude des intérêts
économiques et des objectifs sociaux, le bilan positif des
relations commerciales et politiques, tout permet de voir, pour
les relations entre les deux pays, un futur chargé de promesses.