Pour y parvenir, les moyens les
plus incroyables ont été imaginés. En
plus de méthodes classiques et bien connues, il y en a d’autres
qui
paraissent dignes d’un film de science fiction.
C’est également un large éventail d’exécutants qui été mis en
place, un
éventail dans lequel on trouve des officiers et des agents de la
CIA
spécialement entraînés pour tuer, mais aussi des militants de
groupes
terroristes recrutés à Miami et des tueurs professionnels de la
maffia
nord-américaine.
On annonce pour ce dimanche le premier épisode d’une série
télévisée, «
Celui qui doit vivre », qui offre un résumé de tous ces faits.
C’est très peu de temps après le triomphe révolutionnaire, le 11
décembre
1959, que le colonel J. C. King, chef de la Division de la CIA
pour
l’Hémisphère Occidental, a présenté à Allen Dulles, le directeur
de cet
organisme d’intelligence, un mémorandum argumentant la nécessité
d’éliminer Fidel Castro.
« Personne, parmi tous les proches de Fidel, ne possède une
telle
influence hypnotique sur les masses. De nombreuses personnes
compétentes –
affirmait l’informateur – soutiennent que l’élimination physique
de
Fidel accélérerait énormément la chute de l’actuel gouvernement
».
A partir de ce moment, l’Agence a commencé à étudier et a
approuvé un
nombre encore secret de nos jours de plans d’attentats. La
commission
sénatoriale nord-américaine chargée d’enquête n’en reconnaît
qu’une
trentaine mais la Sécurité cubaine possède les preuves de 638 de
ces
tentatives.
En août 1960, après plusieurs tentatives manquées, l’assassinat
du leader
cubain acquiert le niveau de « priorité urgente », car les
membres les
plus conservateurs de l’administration yankee estiment que la
mort du
Commandant en Chef est une condition nécessaire pour que puisse
être
lancée une agression armée, à cette date déjà planifiée, contre
l’île
antillaise.
C’est dans ces circonstances qu’ont été élaborés à toute vitesse
plusieurs plans différents avec l’idée que « l’un d’entre eux
devrait
bien fonctionner ».
Le 16 août 1960, par exemple, un membre de la section Opérative
de la
Division de services médicaux de la CIA a donné à un
fonctionnaire une
boite de cigares de la marque que préférait Fidel, et lui a
donné l’ordre
de les imprégner d’une substance mortelle. Le spécialiste a
déclaré plus
tard que les propriétés du poison étaient telles que le seul
fait de
porter le cigare à la bouche serait suffisant pour lui causer la
mort.
Il est bon de rappeler que l’avocat nord-américain qui aurait dû
faire
cadeau de cette boite de cigares au dirigeant cubain ignorait
tout de ces
intentions, mais qu’au dernier moment, il a décidé de lui faire
cadeau
d’une boite de havanes différente.
Au même moment, le colonel Edwards, chef du Bureau de Sécurité
de la CIA
avait établi des contacts avec des éléments de la pègre et des
membres du
syndicat du jeu qui avaient opéré à Cuba avant 1959.
Dans les documents déclassifiés de la commission sénatoriale
nord-
américaine qui a enquêté sur ce thème, il y a des noms qui se
répètent,
comme celui de John Rosselli, un gangster bien connu de Chicago,
celui de
Robert Maheu, un ex-agent du FBI très lié à des délinquants
cubains
établis en Floride ou encore ceux de Salvatore Giancana et de
Santos
Traficante, deux capos de la Cosa Nostra, pour n’en citer que
quelques
uns.
Il y eut de long débats entre eux. Certains étaient favorables à
l’utilisation d’un poison. D’autres soutenaient l’idée qu’il
valait mieux
employer des pistolets ou des mitraillettes.
Cette dernière option rencontrait en fait une forte opposition,
en raison
des difficultés que présentait la recherche de personnes qui
accepteraient de courir des risques aussi importants au moment
de
l’action. En effet, il s’agissait de mercenaires qui étaient
désireux de
survivre à l’opération pour pouvoir ensuite recevoir les sommes
promises.
C’est la raison pour laquelle plusieurs tentatives de ce type
n’ont
abouti à rien.
On peut se rendre compte que l’assassinat de Fidel a été une
préoccupation permanente des terroristes depuis 1959 jusqu’à nos
jours.
N’oublions pas que Posada Carriles, gracié par l’ex-présidente
panaméenne
Mireya Moscoso et actuellement accusé seulement d’avoir menti
aux
officiers d’immigration sur son entrée illégale sur le
territoire des
États-Unis, avait été surpris au Panama alors qu’il se disposait
à
dynamiter l’amphithéâtre de l’Université au moment où Fidel y
prendrait
la parole devant un public de professeurs et d’étudiants.
Rien n’indique que les autorités des États-Unis aient renoncé au
magnicide. Elles continuent à offrir leur protection aux
terroristes tout
en maintenant en prison ceux qui luttent contre ces criminelles
conspirations.