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Chavez: trop de marines sont arrivés avec la mission « humanitaire » nord-américaine à Haïti

La Havane, 24 janvier (AIN) – Le président vénézuélien Hugo Chavez a dénoncé la
présence de militaires nord-américains à Haïti. Il a affirmé que, « comme une pièce de plus de
leur stratégie interventionniste, ils essayent de vendre l’image d’une mission « humanitaire »
nord-américaine. Elle est tellement « humanitaire » qu’elle a amené une grande quantité de
marines, pas précisément entraînés pour des opérations de sauvetage. Ce sont des troupes
entraînées pour envahir, pour tuer ! »


Néstor Núñez

 

Dans sa chronique dominicale Les lignes de Chavez, le président a ajouté qu’on ne peut être qu’indigné du profil tendancieux donné aux informations sur la douloureuse situation de Haïti. « Ils parlent, avec un étonnant cynisme, d’un pays dévasté, alors qu’en réalité, la dévastation n’est pas une nouveauté pour le peuple haïtien qui a toujours tant souffert. »


Cette dévastation a été causée précisément par l’intervention impérialiste et les
impositions du capitalisme le plus déprédateur à ce pays frère caribéen. « La réalité est autre : les troupes nord-américaines contrôlent aujourd’hui le territoire haïtien. Ils ont pris le Palais du Gouvernement et le Palais Législatif et ils contrôlent l’aéroport international selon leur bon vouloir. »


Chavez a ajouté que « pendant qu’un groupe de nations souveraines luttent pour
renforcer l’aide humanitaire, le Commando Sud s’occupe d’augmenter la présence militaire de l’empire ».


« Nous assistons à une manifestation de la contre-attaque dirigée contre l’Amérique latine et les Caraïbes. Une dangereuse triangulation se forme entre la Colombie, le Honduras et Haïti, aujourd’hui occupée. Ce sont trois versions d’une même stratégie d’intervention yankee sur le sol de Notre Amérique », a-t-il expliqué.


La patrie de Toussaint Louverture a souffert un nouveau chapitre de douleur, de misère et d’abandon. Cependant, en ces jours funestes, le peuple haïtien a démontré son courage et sa dignité. On l’observe dans l’exemple des bataillons de secouristes haïtiens qui se sont spontanément formés et qui ont participé à de nombreuses opérations de sauvetage pour dégager des blessés. Il y a également l’exemple lumineux des médecins haïtiens formés à Cuba, a souligné Chavez.


Dans son article, il précise : « Notre frère Álvaro García Linera, vice-président de la
Bolivie, qui célèbre aujourd’hui un second mandat du grand Evo Morales, a mis les points sur les i en dénonçant la force militaire d’invasion « qui ne sauve pas de vies humaines, qui n’amène pas d’aliments, qui ne déblaie pas les décombres, qui ne ramasse pas les cadavres, qui n’est là que comme présence militaire, et nous avons peur que cette présence militaire se veuille se convertir en permanente » ».


« N’en doutons pas, c’est une autre agression contre notre Amérique, contre la souveraineté des nations caribéennes et, surtout, contre le peuple haïtien : un peuple à la recherche de sa dignité séquestrée, humiliée et violée par l’ambition impériale colonialiste et néocolonialiste qui ne pardonne pas – elle ne le fera jamais – le fait que le peuple noir, africain et caribéen, de Haïti a été le premier à secouer les viles chaînes de l’esclavage », a-t-il affirmé.


« Á toutes et tous les patriotes de notre Amérique, il ne nous reste pas d’autre voie que d’avoir recours à la stratégie parfaite : contre-attaque populaire sur tous les fronts ! », a assuré Chavez.


« Le 22 janvier, là-bas, sur les sommets de Bolivie, avec Evo Morales qui commence un nouveau mandat de gouvernement socialiste et un peuple qui emplit tous ces espaces où notre père Bolivar a senti « l’amour le plus profond pour la liberté », nous avons commencé la contre-offensive internationale de cette année 2010, année du Bicentenaire du début de notre lutte pour l’indépendance », a-t-il ajouté.


Il a enfin conclu en faisant allusion à la grande marche patriotique du peuple vénézuélien de samedi dernier à Caracas, en commémoration de la chute du dictateur Marcos Perez Jimenez, une « véritable marée rouge, la naissance de l’ouragan bolivarien qui parcourra tout le Venezuela au cours de cette année bénite »

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