Dans sa chronique dominicale Les
lignes de Chavez, le président a ajouté qu’on ne peut être
qu’indigné du profil tendancieux donné aux informations sur la
douloureuse situation de Haïti. « Ils parlent, avec un étonnant
cynisme, d’un pays dévasté, alors qu’en réalité, la dévastation
n’est pas une nouveauté pour le peuple haïtien qui a toujours
tant souffert. »
Cette dévastation a été causée précisément par l’intervention
impérialiste et les
impositions du capitalisme le plus déprédateur à ce pays frère
caribéen. « La réalité est autre : les troupes nord-américaines
contrôlent aujourd’hui le territoire haïtien. Ils ont pris le
Palais du Gouvernement et le Palais Législatif et ils contrôlent
l’aéroport international selon leur bon vouloir. »
Chavez a ajouté que « pendant qu’un groupe de nations
souveraines luttent pour
renforcer l’aide humanitaire, le Commando Sud s’occupe
d’augmenter la présence militaire de l’empire ».
« Nous assistons à une manifestation de la contre-attaque
dirigée contre l’Amérique latine et les Caraïbes. Une dangereuse
triangulation se forme entre la Colombie, le Honduras et Haïti,
aujourd’hui occupée. Ce sont trois versions d’une même stratégie
d’intervention yankee sur le sol de Notre Amérique », a-t-il
expliqué.
La patrie de Toussaint Louverture a souffert un nouveau chapitre
de douleur, de misère et d’abandon. Cependant, en ces jours
funestes, le peuple haïtien a démontré son courage et sa dignité.
On l’observe dans l’exemple des bataillons de secouristes
haïtiens qui se sont spontanément formés et qui ont participé à
de nombreuses opérations de sauvetage pour dégager des blessés.
Il y a également l’exemple lumineux des médecins haïtiens formés
à Cuba, a souligné Chavez.
Dans son article, il précise : « Notre frère Álvaro García
Linera, vice-président de la
Bolivie, qui célèbre aujourd’hui un second mandat du grand Evo
Morales, a mis les points sur les i en dénonçant la force
militaire d’invasion « qui ne sauve pas de vies humaines, qui
n’amène pas d’aliments, qui ne déblaie pas les décombres, qui ne
ramasse pas les cadavres, qui n’est là que comme présence
militaire, et nous avons peur que cette présence militaire se
veuille se convertir en permanente » ».
« N’en doutons pas, c’est une autre agression contre notre
Amérique, contre la souveraineté des nations caribéennes et,
surtout, contre le peuple haïtien : un peuple à la recherche de
sa dignité séquestrée, humiliée et violée par l’ambition
impériale colonialiste et néocolonialiste qui ne pardonne pas –
elle ne le fera jamais – le fait que le peuple noir, africain et
caribéen, de Haïti a été le premier à secouer les viles chaînes
de l’esclavage », a-t-il affirmé.
« Á toutes et tous les patriotes de notre Amérique, il ne nous
reste pas d’autre voie que d’avoir recours à la stratégie
parfaite : contre-attaque populaire sur tous les fronts ! », a
assuré Chavez.
« Le 22 janvier, là-bas, sur les sommets de Bolivie, avec Evo
Morales qui commence un nouveau mandat de gouvernement
socialiste et un peuple qui emplit tous ces espaces où notre
père Bolivar a senti « l’amour le plus profond pour la liberté
», nous avons commencé la contre-offensive internationale de
cette année 2010, année du Bicentenaire du début de notre lutte
pour l’indépendance », a-t-il ajouté.
Il a enfin conclu en faisant allusion à la grande marche
patriotique du peuple vénézuélien de samedi dernier à Caracas,
en commémoration de la chute du dictateur Marcos Perez Jimenez,
une « véritable marée rouge, la naissance de l’ouragan
bolivarien qui parcourra tout le Venezuela au cours de cette
année bénite »