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Luz Marina
Fornieles Sánchez |
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Un haut fonctionnaire nord-américain
a expliqué aux médias que les dispositions
prévoient le renforcement des mesures de contrôle pour tous les
voyageurs qui proviennent ou qui sont passé par l’un quelconque
des pays inclus dans une liste dans laquelle figurent, en plus
de Cuba, des pays comme l’Iran, le Soudan, la Syrie,
l’Afghanistan, la Libye, le Nigeria, le Pakistan, la Somalie et
le Yémen. Les autres pays de la liste n’ont pas étés indiqués.
Différents sites Web de la capitale nord-américaine expliquent
que « cent pour cent des passagers nés dans l’un de ces
territoires ou qui y sont passé seront soumis à une fouille
corporelle complète et à l’inspection manuelle de tous leurs
effets personnels ».
Cuba a immédiatement fait connaître la condamnation de son
inclusion dans la liste des états accusés de parrainer le
terrorisme. Le représentant chargé des relations avec la presse
de la Section d’Intérêts Cubains aux États-Unis, Alberto
Gonzalez, a exprimé son rejet d’une telle mesure. Il a affirmé
que le gouvernement de l’île coopère à la lutte contre le
terrorisme et qu’il « a appliqué, qu’il applique et qu’il
appliquera toutes les mesures de sécurité reconnues
internationalement pour ces cas ».
Il a ajouté que le peuple cubain « ne reconnaît aucune autorité
morale au gouvernement des États-Unis pour certifier l’inclusion
des cubains dans une telle liste », et que « le territoire de
Cuba n’a jamais été utilisé pour organiser, pour financer ou
pour exécuter des actes terroristes contre les États-Unis ou
contre aucun autre pays ». Il a suggéré que cette nouvelle
attaque contre La Havane avait un caractère strictement
politique.
Tout au contraire, Cuba a été victime de la violence et du
terrorisme perpétré par des individus comme Luis Posada
Carriles, principal organisateur et auteur intellectuel, avec
Orlando Bosch, de l’attentat de 1976 contre un avion civil
cubain en plein vol, qui a coûté la vie des 73 personnes qui y
avaient pris place.
Un article du Washington Post, le plus important et le plus
ancien des quotidiens de Washington, qui va tout à fait dans le
même sens, réalise une analyse critique de l’inclusion de l’île
dans la liste des pays auxquels les États-Unis a accolé
l’étiquette de terroristes.
Cet article porte la signature du Prix Pulitzer 2009, Eugene
Robinson, et porte sur les rigoureuses mesures de sécurité qui
ont été adoptées récemment. Il ajoute que la menace terroriste
de Cuba est égale à zéro, et qu’il est risible de l’en accuser.
« Cuba n’est pas un État en débâcle, où des franges de
territoires échapperaient au contrôle du gouvernement. Au
contraire, il s’agit d’une société soumises au blocus le plus
dur qui soit à niveau mondial », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que, « pourtant, Cuba est dans la liste, parce que
le Département d’État l’accuse encore - comme l’Iran, la Syrie
et le Soudan - de parrainer le terrorisme ».
Encore un fois, et sans aucune preuve qui pourrait l’impliquer,
La Havane figure dans une liste noire dans laquelle elle ne
devrait pas se trouver. Cette nouvelle attaque coïncide
étrangement avec une augmentation soutenue du flux de touristes
étrangers à Cuba, pays qui a reçu un plus grand nombre de
visiteurs que prévu.
La réitération de l’initiative de placer Cuba dans le lot des
terroristes du monde
entier est une idée pharisienne, ridicule et mal intentionnée.
Son seul objectif est de tenter de limer le prestige d’un peuple
qui, lui, a souffert directement les attaques de ceux qui
préconisent ces méthodes.
Ce genre de manœuvre nie l’histoire sans tache des cubains et de
leur Révolution,
ainsi que les richesses touristiques d’un pays qui a été l’une
des 10 destinations les plus populaires pour passer les fêtes de
fin d’année. Une enquête menée par la plus grande maison
d’édition de guides de tourisme du monde entier, Lonely Planet,
a permis de situer le pays antillais au sixième rang de
préférence des vacanciers.
N’oublions pas non plus que 70% des nord-américains seraient
favorables à la levée des restrictions qui pèsent sur la
population en général pour pouvoir s’y rendre, et que, comme
l’indique un sondage de WorldPublicOpinion.org, 59% d’entre eux
estiment que le moment est venu d’essayer de mettre en place une
nouvelle politique avec le pays voisin.
Cette enquête a démontré qu’aussi bien les électeurs
républicains (62%) que les
démocrates (77%) aimeraient pouvoir voyager sans restriction à
cette île des Caraïbes.
On se voit donc obligé de rappeler à l’empire qu’il est
impossible d’être à la fois
juge et partie, et que dans cette liste, il n’y a pas tous ceux
qui devraient y être, mais que certains de ceux qui y sont, eux,
ne devraient pas s’y trouver…