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L’empire attaque de nouveau, sans aucune preuve

Washington a salué l’arrivée de l’année 2010 par un nouvel accès de paranoïa
antiterroriste. Le renforcement des mesures de sécurité dans les aéroports vient d’être
annoncé. Il se fera en fonction du pays d’origine des voyageurs et concernera tous ceux qui
proviennent de 14 pays, parmi lesquels figure Cuba.


Luz Marina Fornieles Sánchez

 

Un haut fonctionnaire nord-américain a expliqué aux médias que les dispositions
prévoient le renforcement des mesures de contrôle pour tous les voyageurs qui proviennent ou qui sont passé par l’un quelconque des pays inclus dans une liste dans laquelle figurent, en plus de Cuba, des pays comme l’Iran, le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan, la Libye, le Nigeria, le Pakistan, la Somalie et le Yémen. Les autres pays de la liste n’ont pas étés indiqués.


Différents sites Web de la capitale nord-américaine expliquent que « cent pour cent des passagers nés dans l’un de ces territoires ou qui y sont passé seront soumis à une fouille corporelle complète et à l’inspection manuelle de tous leurs effets personnels ».


Cuba a immédiatement fait connaître la condamnation de son inclusion dans la liste des états accusés de parrainer le terrorisme. Le représentant chargé des relations avec la presse de la Section d’Intérêts Cubains aux États-Unis, Alberto Gonzalez, a exprimé son rejet d’une telle mesure. Il a affirmé que le gouvernement de l’île coopère à la lutte contre le terrorisme et qu’il « a appliqué, qu’il applique et qu’il appliquera toutes les mesures de sécurité reconnues internationalement pour ces cas ».


Il a ajouté que le peuple cubain « ne reconnaît aucune autorité morale au gouvernement des États-Unis pour certifier l’inclusion des cubains dans une telle liste », et que « le territoire de Cuba n’a jamais été utilisé pour organiser, pour financer ou pour exécuter des actes terroristes contre les États-Unis ou contre aucun autre pays ». Il a suggéré que cette nouvelle attaque contre La Havane avait un caractère strictement politique.


Tout au contraire, Cuba a été victime de la violence et du terrorisme perpétré par des individus comme Luis Posada Carriles, principal organisateur et auteur intellectuel, avec Orlando Bosch, de l’attentat de 1976 contre un avion civil cubain en plein vol, qui a coûté la vie des 73 personnes qui y avaient pris place.


Un article du Washington Post, le plus important et le plus ancien des quotidiens de Washington, qui va tout à fait dans le même sens, réalise une analyse critique de l’inclusion de l’île dans la liste des pays auxquels les États-Unis a accolé l’étiquette de terroristes.


Cet article porte la signature du Prix Pulitzer 2009, Eugene Robinson, et porte sur les rigoureuses mesures de sécurité qui ont été adoptées récemment. Il ajoute que la menace terroriste de Cuba est égale à zéro, et qu’il est risible de l’en accuser. « Cuba n’est pas un État en débâcle, où des franges de territoires échapperaient au contrôle du gouvernement. Au contraire, il s’agit d’une société soumises au blocus le plus dur qui soit à niveau mondial », a-t-il déclaré.


Il a ajouté que, « pourtant, Cuba est dans la liste, parce que le Département d’État l’accuse encore - comme l’Iran, la Syrie et le Soudan - de parrainer le terrorisme ».


Encore un fois, et sans aucune preuve qui pourrait l’impliquer, La Havane figure dans une liste noire dans laquelle elle ne devrait pas se trouver. Cette nouvelle attaque coïncide étrangement avec une augmentation soutenue du flux de touristes étrangers à Cuba, pays qui a reçu un plus grand nombre de visiteurs que prévu.


La réitération de l’initiative de placer Cuba dans le lot des terroristes du monde
entier est une idée pharisienne, ridicule et mal intentionnée. Son seul objectif est de tenter de limer le prestige d’un peuple qui, lui, a souffert directement les attaques de ceux qui préconisent ces méthodes.


Ce genre de manœuvre nie l’histoire sans tache des cubains et de leur Révolution,
ainsi que les richesses touristiques d’un pays qui a été l’une des 10 destinations les plus populaires pour passer les fêtes de fin d’année. Une enquête menée par la plus grande maison d’édition de guides de tourisme du monde entier, Lonely Planet, a permis de situer le pays antillais au sixième rang de préférence des vacanciers.


N’oublions pas non plus que 70% des nord-américains seraient favorables à la levée des restrictions qui pèsent sur la population en général pour pouvoir s’y rendre, et que, comme l’indique un sondage de WorldPublicOpinion.org, 59% d’entre eux estiment que le moment est venu d’essayer de mettre en place une nouvelle politique avec le pays voisin.


Cette enquête a démontré qu’aussi bien les électeurs républicains (62%) que les
démocrates (77%) aimeraient pouvoir voyager sans restriction à cette île des Caraïbes.


On se voit donc obligé de rappeler à l’empire qu’il est impossible d’être à la fois
juge et partie, et que dans cette liste, il n’y a pas tous ceux qui devraient y être, mais que certains de ceux qui y sont, eux, ne devraient pas s’y trouver…

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