Fidel Castro, Abel
Santamaria et le petit groupe de leurs
collaborateurs les plus proches ont travaillé en
silence pour parvenir à vaincre les difficultés de
l´époque, ce qui constitue un exemple d´organisation,
de discipline et de conduite révolutionnaire.
Nous présentons à
continuation une chronologie des activités réalisées
pour préparer les actions de cette journée
historique, et dont on pourra apprécier qu´elles ont
été planifiées avec une notable anticipation.
1951 - Fidel a l´idée d´utiliser le parlement comme
un point de départ pour forcer les moyens légaux et
pour établir une plateforme qui puisse mobiliser les
masses populaires et permettre la prise du pouvoir.
Sur ce sujet, il a
déclaré: « C´était la première fois que je concevais
une stratégie de prise du pouvoir. Une fois parvenu
au parlement, je passerais par-dessus la discipline
du parti et je présenterais un programme qui
contiendrait pratiquement toutes ces mesures qui
plus tard, après le triomphe de la révolution, ont
été transformées en lois. »
16 mars 1952 – Six
jours après le coup d´état perpétré par Fulgencio
Batista, Fidel écrit l´article « Ce n´est pas une
révolution, c´est un putsch ». Comme il était
impossible d´en publier le texte, il a été
ronéographié et distribué lors d´une manifestation
des orthodoxes au cimetière de Colon.
20 mars 1952 – Fidel
fait des efforts pour convaincre les leaders du
parti Orthodoxe du bien-fondé de ses positions, mais
il comprend que c´est inutile. Il l´a expliqué lui-même
:
« J´ai commencé à organiser les premières cellules
actives avec l´espérance de pouvoir travailler avec
ceux des dirigeants du parti orthodoxe qui se
sentiraient prêts à accomplir leur devoir
élémentaire de lutter contre Batiste. La seule chose
que je désirais, c´était un fusil et des ordres pour
réaliser la mission qui me serait donnée. »
Vers le milieu de
l´année 1952 – Fidel se réunit avec José Suarez, au
109 de l´avenue du Prado, et lui demande de
contacter des jeunes de la ville d´Artemisa.
24 mars 1952 – Fidel porte plainte contre Batiste
devant le Tribunal d´Urgence, et l´accuse de
sédition, de rébellion et d´attaque nocturne. Il
demande qu´il soit condamné à 100 ans de prison pour
ces faits.
1º mai 1952 – Fidel connait Abel Santamaría. C´est
Jésus Montané qui les présente.
7 mai 1952 - Fidel et
Abel vont à la ville de Colon, dans la province de
Matanzas, pour prendre contact avec le docteur Mario
Muñoz.
Mai 1952 – Fidel
rédige l´article « Bilan critique du PPC (Orthodoxe)
» dans lequel il explique : « Au dessus du tumulte
des poltrons, des médiocres et des pauvres d´esprit,
il est nécessaire de faire une critique brève mais
vaillante et constructive du mouvement orthodoxe,
après la disparition de son grand leader Eduardo
Chibas.
» Juin 1952 – Sortie
du bulletin « Ce sont les mêmes », rédigé par Abel,
Raul Gomez et Jesus Montané. Il cessera ensuite
d´être publié mais le premier juin, commence à
circuler « L´accusateur », rédigé dans l´appartement
de 25 et O, dans le quartier du Vedado, à La Havane.
C´est dans ce bulletin que Fidel publie son article
« J´accuse », accompagné d´une caricature montrant
un soldat disant à Batiste : « Général, je suis au
garde-à vous, (¨yo me cuadro¨ signifie littéralement
: je me cadre)…, mais vous, vous vous arrondissez…
».
16 Août 1952 –
Plusieurs membres du mouvement se réunissent devant
la tombe de Chibas, dans le cimetière havanais de
Colon.
C´est ce jour-là que
Fidel et Abel créent la direction du mouvement avec
Raul Martinez Araras, Mario Muñoz Monroy, Boris Luis
Santa Coloma, Oscar Alcalde, Jesús Montané, Antonio
“ Ñico “ López, Renato Guitart et Pedro Miret.
D´août 1952 à janvier
1953 – Étape d´organisation du mouvement.
Décembre 1952 – Fidel
réalise plusieurs voyages à Artémisa, pour préciser
des détails et donner des orientations.
Décembre 1952 – Début
des séances de pratique de tir à l´Université de La
Havane.
13 janvier 1953 –
Fidel fait une intervention au Conseil National du
Parti Orthodoxe et à la fin, il s´exclame : « Allons-nous
en d´ici. On ne peut pas compter sur ces politiciens
pour faire la révolution ».
Janvier 1953 – Fidel
donne des instructions aux cellules clandestines qui
sont un modèle de discrétion et d´organisation.
25 janvier 1953 – Lors
d´une réunion, la Fédération Etudiante Universitaire
(FEU) décide d´organiser un défilé en hommage au
centenaire de José Marti. Il ira jusqu´au local de
la Fragua Martiana (une ancienne carrière située
dans le quartier du Vedado, et où Marti, condamné
par les espagnols, avait été obligé d´accomplir de
longues heures de travaux pénibles N. D, T.).
27 janvier 1953 –
Défilé des torches, une des activités organisées par
la FEU.
28 janvier 1953 –
Défilé de l´Université à la statue de José Marti
située dans le parc central, nouvelle démonstration
d´organisation et de discipline de la Génération du
Centenaire.
14 février 1953 – De
violentes manifestations étudiantes éclatent tout le
long de l´avenue 23, après l´enterrement de Ruben
Batista Rubio, qui était mort des blessures
infligées par la police quelques jours auparavant.
D´autres troubles se
sont produit dans les lycées et d´autres écoles de
La Habana, Marianao, Sagua la Grande, Camagüey,
Guantánamo et Santiago de Cuba.
14 février 1953 –
Fidel est accusé en justice.
Février 1953 –
L´entrainement des premières cellules est organisé
dans plusieurs fermes de la province de La Havane et
au Club de Chasseurs du Cerro.
Début d´une campagne pour réunir l´argent nécessaire
pour payer les frais de l´entrainement et l´achat
des armes.
Fidel charge
Florentino Fernandez, un infirmier de l´armée,
d´acquérir les uniformes militaires.
Mars 1953 – Tous les
membres des différentes cellules reçoivent
l´orientation de ne plus participer à aucune
activité politique.
Avril 1953 – L´achat
d´uniformes à des membres de l´armée commence.
D´autres seront fabriqués dans l´appartement des
parents de Melba Hernandez.
Juin 1953 – Renato
Guitart loue la petite ferme Siboney, proche de
Santiago de Cuba, ainsi qu´un vieil immeuble à
Bayamo et deux maisons à Santiago.
Abel voyage à Santiago
pour aider Renato dans ses gestions. Il participe
également à l´achat d´armes et de munitions.
22 juillet 1953 –
Fidel et Raul Gomez Garcia travaillent à la
rédaction du manifeste de la Moncada, qui sera connu
sous le titre de Manifeste à la Nation.
23 et 24 juillet 1953
– 131 membres du mouvement arrivent à Santiago dans
15 automobiles. Le reste arrive par train ou en
autobus, et entre eux Haydée Santamaria et Melba
Hernandez.
23 juillet 1953 –
Fidel, accompagné de Ñico Lopez, rend visite au
docteur Mario Muñoz, à Colon, dans la province de
Matanzas.
24 et 25 juillet 1953
- Ernesto Tizol, Abel, Gómez García y Jesús Montané
travaillent à l´installation dans la petite ferme
Siboney.
25 juillet 1953 – Dans
son voyage vers Santiago, Fidel s´arrête à Colon
pour prévenir le docteur Muñoz de l´action imminente.
À vingt deux heures,
Fidel arrive à la ferme Siboney.
26 juillet 1953 –
Fidel réunit les futurs attaquants et leur parle. Il
divise les camarades en trois groupes. C´est lui qui
ira à la tête du premier. Léster Rodriguez, à la
tête du second, devra aller au palais de justice et
Abel, à la tête du troisième, formé de 21 hommes et
deux femmes, à l´hôpital Saturnino Lora. C´est Abel
qui prend ensuite la parole et ses derniers mots
sont : « Mourir pour la Patrie, c´est vivre ! » .
Ensuite, Raul Gomez
Garcia lit le manifeste à la nation et tous chantent
en sourdine l´Hymne National.
5h30 : Fidel déclare
aux futures attaquants : « Ici, en Oriente, nous
crierons pour la première fois ¨La Liberté ou la
mort¨ » .
5h20 : Ils montent
tous dans les automobiles. D´abord celui d´Abel,
puis celui de Juan Manuel Almeijeiras, ensuite un
autre que conduit Pedro Dalmau, qui allait au palais
de justice. Pedro Marrero conduit un quatrième, avec
le groupe d´avant-garde qui doit attaquer le poste
de garde de la porte 3. Fidel, qui conduit une Buick
de 1953, est le cinquième à démarrer, suivi par la
voiture de Boris Luis Santa Coloma. La dernière à
sortir est celle de Mario Muñoz, dans laquelle se
trouvent Melba et Haydée.
Bibliographie:
-Vergüenza contra dinero, de Raúl Rodríguez la O.
-El último aldabonazo, de Armando Hart.
-El grito del Moncada, de Mario Mencía.
-Tiempos precursores, de Mario Mencía.
-Articles de l´édition spéciale de la revue Bohémia
pour le cinquantième anniversaire de l´assaut à la
caserne Moncada.